Jubilé d'Yves LADOUSSE

La Cazérienne

n° 177 page 16

Texte : Yves Lafourcade

Photo : Archives personnelles

 

Yves Ladousse raccroche le boléro

DESPEDIDA. Pour La Cazérienne, Yves Ladousse livre ses sentiments dans les arènes de Pouillon qui accueilleront son jubilé le 14 septembre prochain, après 23 ans de piste.

 

Le problème dans cette discipline, c'est de ne jamais savoir quand il faut arrêter. J'ai pris ma décision cette année pour plusieurs raisons. J'ai quarante ans, j'ai envie de consacrer du temps à ma famille, à mon fils Celian, passionné de Course landaise. Et puis ma vie professionnelle évolue, j'exerce de nouvelles responsabilités au sein de la société Bernard Trémont, je ne peux plus risquer une blessure grave. J'ai passé de très belles années dans l'univers de la Course landaise, j'étais un adolescent turbulent, elle m'a canalisé. Je n'ai jamais refusé d'écarter, même des vaches difficiles. Il est normal d'avoir peur, tout le monde a peur mais il faut trouver la force de se maîtriser. J'ai vécu des moments extraordinaires, je ne regrette rien."

 

Une découverte insolite

Né au Pays Basque, mais béarnais enraciné, Yves n'a pourtant pas été élevé dans le milieu coursayre. Il est cocasse d'apprendre qu'il est tombé dedans grâce à un âne. "Mon père voulait acquérir un âne, quelqu'un lui a indiqué que Francis Lacoste en vendait. Nous sommes allés voir et tout s'est enchaîné. Mon paternel a acheté le bourricot, puis il a transporté pour la ganaderia et je l'aidais à monter des arènes. J'étais attiré par ce milieu. Je suis entré à l'école taurine en 1996, malgré les réticences de mes parents. Je suis resté un an chez Francis Lacoste au Grand Soussotte puis, en 1997, Jean Paul Lavigne m'a parrainé auprès de Michel Lassalle et Bernard Laplace et j'ai été recruté chez Latapy en formelle."

Sa carrière, Yves va la vivre de façon irrégulière. Il est d'ailleurs surnommé "l'imprévisible", parce que capable de l'excellent comme du passable dans une même course. Après une première année riche au plus haut niveau, il subit une grave blessure le 10 mai 1998 à Saint Loubouer, de la part de la fougueuse Aventura, coursière de Vieillote, qui lui fracture plusieurs côtes. L'intrépide repart en piste seulement un mois plus tard à Pécorade pour remplacer son chef Didier Latapy, blessé. "J'ai particulièrement apprécié le talent de chef de Didier et sa ligne de conduite. Il avait cette capacité de redonner confiance dans les moments difficiles. La Course landaise est un sport individuel mais la solidarité est indispensable."

 

Prince de son département

Reprenant une figure créée par Ramunchito, l'écart tourniquet, le Béarnais va en faire sa spécialité en le pratiquant lentement, comme le maître. Surnommé "le Gaston Phoebus en piste" par Gérard Suberchicot dans Sud Ouest, on pouvait lire sur l'un de ses boléros de travail la devise brodée "Biarnés cap e tout".

De 99 à 2001, Yves passe en seconde puis retrouve la formelle en 2002 sous la tutelle du chef Janick. En 2003, il obtient la 9e place à l'escalot, son meilleur classement. En 2005 et 2006, il officie à la DAL. En 2010, retour aux sources au Grand Soussotte. Ensuite, chez Jean-Louis Deyris, il devient formateur "à l'ancienne" des jeunes du Pays Basque dans le cadre du Master des Vaches Royales. Ils remportent les trophées en 2015, 2016 et 2018.

 

Haut les cœurs

"J'ai choisi de terminer à Pouillon où j'ai tissé des liens forts depuis de longues années au sein du comité que je remercie chaleureusement. La recette de la course du 14 septembre sera en totalité reversée à l'association "Les Liens du Cœur", qui vient en aide aux familles des enfants hospitalisés pour des pathologies cardiaques. Nous avons, mon épouse et moi, découvert ce soutien tellement important lorsque notre petit Celian, atteint d'une malformation de naissance, a été hospitalisé à Haut l'Évêque. Ce sont des personnes fantastiques. Merci aux membres fondateurs, le Professeur Thambo, les Docteurs Mouton, Thomas, Roubertie et à tous les adhérents pour ce formidable et précieux engagement."

"Les Liens du Coeur" Hôpital Haut L'Evêque, Service de Cardiologie congénitale

Avenue de Magellan 33604 Pessac cedex. Tel. 05 57 65 61 10