Les Amis de Jean Rameau

Les Amis de Jean Rameau

Un souffle nouveau anime les Amis de Jean-Rameau

« Le14 septembre 2013, Isabelle Miremont, animatrice du Centre culturel du Pays d’Orthe, terminait sa communication de la Journée du patrimoine par cette phrase : « Aujourd’hui le Pourtaou est fermé et s’enfonce dans le brouillard et l’oubli ».

Un mois plus tard, les portes et les volets s’ouvraient pour laisser entrer l’air et la lumière et les Amis de Jean Rameau, mis à contribution, se transformaient en jardinier, hommes et femmes de ménage afin de redonner un peu de vie à cette demeure d’un autre temps » disait Jacqueline Sarthou, présidente de l’association qui œuvre depuis 20 ans pour que l’œuvre du poète, nouvelliste et romancier originaire de Gaas ne tombe pas dans l’oubli.

Attendue depuis deux décennies, cette ouverture du Pourtaou, la maison-musée de Jean Rameau située à Cauneille, donne un souffle nouveau au cercle littéraire. Commencée sur une note émouvante par l’accueil d’Isabelle Cazenave, nouveau maire du village, et l’évocation de la disparition de trois amis, Etienne Dubois exemple de fidélité, Marie-Madeleine Vignau-Lous  présidente du Centre de généalogie des Landes et Michel Haurie, président et fondateur de l’association Francis Jammes, la réunion s’est poursuivie par le bilan des actions des derniers mois et les nouveaux projets qui fleurissent.

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Présentation

Jean Rameau  voit le jour en Chalosse, dans une famille de petits propriétaires paysans au milieu du XIXe siècle. Il apprécie très tôt « le magistral orchestre de la nature » gasconne et ceux, tels Guillaume du Bartas, Ansèlme ou Jean-Louis de Fromentières, qui en ont chanté avant lui « les symphonies en foin majeur ». À Bordeaux, puis à Paris, ce « fils spirituel de Victor Hugo » (tel qu’il s’intitule lui-même) s’exerce à la littérature panthéiste. Il compose ainsi plus de 60 romans et 5 000 contes inspirés le plus souvent par son pays natal et qui, jusque vers les années 1920, obtiennent un réel succès.

 

Après la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle son fils unique trouve la mort, il revient chez lui et aménage, tel un Rostand de Chalosse, son Pourtaou en regard de l’Adour, « thébaïde rustique juchée sur le haut plateau de Cauneille », note René Violaines. « Que d’amour et de labeur ne représente ce Pourtaou pour l’édification duquel, durant plus de vingt ans, il devait, maniant tour à tour la truelle, le ciseau, le pinceau et le plantoir, se faire architecte, sculpteur, peintre et jardinier, laissant, dans une cavalcade forcenée, la bride sur le cou à tous ses dons nombreux et divers. »

Laissons René Violaines poursuivre l’extraordinaire visite : dans le vaste hall d’entrée, « les murailles étaient tapissées de tableaux de maîtres : une Charité du Corrège, une Sainte Famille de Raphaël, une scène de genre de Fragonard, vingt autres. Des coffres de mariage basques, un lit clos breton formaient, sous le plafond aux solives peintes, une cour somptueuse à la cheminée monumentale. Au centre, une table ovale longue de 5 m, supportait une collection de précieuses antiquités. »

Dans le Salon des Poètes, Rameau mit à profit ses observations d’Arnaga, puisque, «  sur des colonnes, entre des baies à plein cintre dispensant la lumière, il avait érigé les bustes de Cervantès, Dante, Hugo, Shakespeare » selon un dispositif identique à celui des jardins camboards. L’entrée de la librairie aux dix mille volumes était défendue «  par une porte cloisonnée, versicolore comme une enluminure ancienne : la porte des Empereurs. [...] Au milieu d’une salle imposante, éclairée par vingt ouvertures, dont neuf dédiées aux Muses, se dressait, porté par de rouges piliers, un fronton triangulaire où la fantaisie du poète avait sculpté un amusant modelage en relief... Ce fronton constituait la porte de la Gloire. Celle-ci, entre l’Arc de Triomphe et le Panthéon, était symbolisée par une femme nue, distribuant des couronnes vers lesquelles se tendaient des mains vides, brandissant tous les attributs qu’honore le monde. »

À proximité du Pourtaou, Jean Rameau avait aménagé sur un coteau voisin une construction à colonnes, la Gloriette, coiffée d’une coupole et de la lyre du poète : le tombeau où repose le poète depuis 1942.

Jean Rameau était également passionné de photographie. Il photographiait sa famille, ses amis, ses visiteurs et ses domestiques mais aussi les paysans et les paysages de sa campagne des Landes jusqu'aux Pyrénées. Conscient de sa propre photogénie, il se mettait en scène lui-même arborant un élégant béret blanc. Il avait aménagé dans sa maison un laboratoire et faisait ses tirages lui-même.

De nombreux lieux portent son nom au Pays basque et dans les Landes, comme le parc Jean Rameau de Mont-de-Marsan.

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