11 novembre 2018 : Discours de M. le Maire

1918-2018 : Il est des dates qui parlent plus que les autres

C'est avec une joie à peine dissimulée que je vous invite ici sous la coupole de l'Education Nationale pouillonnaise.

 

J'ai toujours rêve d'abreuver de savoir en une telle académie et je remercie madame CAZABAN Principale du Collége de nous avoir autorisé à utiliser ces lieux emblématiques à l'occasion de cette cérémonie.

Chacun qui me connait sait la charge émotionnelle qui me submerge quand on me parle du corps professoral.

Les enseignants que je viens d'apercevoir aujourd'hui sont les dignes héritiers des hussards noirs de la république directement à l'origine de la victoire de 1914/1918.

Pourquoi en effet ne pas rappeler le rôle de nos enseignants dans cette guerre avant d’expliquer pourquoi il y avait matière aujourd’hui jour du centenaire de la victoire à inaugurer un autre monument.

 

De 1877 à 1914 les enfants ont été éduqués à la sauce patriotique de la troisième république. Leur seul livre de classe était le tour de france par deux garçons de Bruno. Jean et lucien Volden orphelins de la guerre de 1870 quittaient la porte de France à Phalsbourg en Lorraine à la recherche de leur famille perdue. Chaque jour était l'occasion d'une nouvelle découverte du pays, d'une histoire de morale de leçon de chose, d'apprentissage des vertus, du devoir et du civisme, d'approfondissement de leur patriotisme version 1870 ; Il fallait recouvrer l'alsace et la lorraine et c'était un devoir impérieux de tous.

 

C'est ce qui a permis de mettre plus de 9 millions de français dans des wagons en direction de l'est. Pas forcément de gaieté de coeur mais dans la droite de ligne de ce qu'on leur avait enseigné. Les hussards noirs n'ont pas démérités de la patrie et sont d’ailleurs tombés en première ligne pour la plupart.

 

Pourquoi célèbre-t-on cette victoire ?

Un de mes vieux amis me disait «  moi, mon colon, celle que je préfère c’est la guerre de 14/18 ».

Il me revient donc peut être à moi, Maire, mais surtout ancien combattant de parler au nom de nos anciens.

Oui on a fait le boulot, oui on en a bavé. Oui on a supporté les rats, la vermine, les poux, les puces, la gale, la dysenterie, la grippe espagnole dans une odeur de poudre et d’excrément, la boue et les canons et on a senti la chair et les tripes des copains , dans le froid comme dans la chaleur pendant des nuits interminables et des jours innombrables, on a tenu. On a tenu pour revenir et revoir nos familles et ceux que nous aimions parce qu’on ne pouvait pas faire autrement.

L’addition  des souffrances et des actes de bravoure individuels exceptionnels qui ont fait le clinquant et le panache des preux au retour au pays ne saurait faire oublier la stupidité de la guerre, son caractère suicidaire et inhumain.

Plus jamais ça, c’est ce qu’ils crient et souhaitent que vous compreniez tous.  

Notre monument aux morts est un cri de souffrance et se veut un rappel aux générations futures.

Une telle boucherie n’a eu d’équivalent en France que dans les guerres de religions et les guerres napoléoniennes.

 

 Plus jamais ça.

 

Votre espoir à tous est dans la Paix, l’Europe et le respect des valeurs universelles initiées dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

 

Pourquoi se bat on encore néanmoins aujourd’hui, comme l’a témoigné l’appel aux morts des 3 soldats d’aujourd’hui.

 

Pour nos valeurs républicaines, ce qui assure notre humanité et la sérénité de nos familles et de nos proches

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C’est pourquoi, à l’occasion du centenaire de la victoire de 1914/1918 et des réjouissances que nous célébrons partout en France et dans le monde,il nous a paru nécessaire de compléter le message de nos anciens par un message de paix et d’avenir qui lui aussi  a déjà traversé les générations.

Entre l’eglise et la mairie, entre ce cri de souffrance de nos anciens et la joie des collégiens nous avons voulu faire trôner le socle de nos valeurs.

Vive la France,

Vive l’Europe.

 

Telle va la vie des hommes, quelques joies très vite effacées par d’inoubliables chagrins. Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants